Une partie du travail du REACH 2.0 implique un point de mire sur certaines populations parmi les plus affectées par le VIH et le VHC. Des raisons solides justifient que les activités de recherche et de prévention soient centrées sur certains groupes.

Premièrement, le VIH et le VHC affectent de manière disproportionnée des groupes marginalisés comme :

  • les hommes gais et autres hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes
  • les communautés africaines, caraïbéennes et noires
  • les personnes transgenres et transsexuelles
  • les communautés indigènes, et
  • les personnes qui font usage de drogue.

Deuxièmement, plusieurs des populations les plus affectées par le VIH composent avec ce que l’on appelle des « syndémiques » – soit plusieurs maladies en même temps. Des syndémiques tendent à se développer dans des conditions de disparité de santé, de désavantage social et d’inégalité structurelle.

La réduction du fardeau du VIH et des maladies connexes nécessite des interventions qui répondent aux besoins de chaque population. Afin d’explorer plus en détail les besoins de chaque population et de cerner les interventions qui conviennent le mieux à chacune, le REACH 2.0 prévoit entreprendre les projets suivants.

Pour les hommes gais et autres hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes

Les hommes gais et autres hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HRSH) représentent plus de 60 % de l’ensemble des cas d’infection à VIH, au Canada, et plus de 50 % des nouvelles infections. L’incidence du VIH est relativement stable ou en légère hausse, parmi les HRSH, alors que l’incidence d’autres infections transmissibles sexuellement et du VHC y est en hausse.

Le REACH a déjà une solide expérience dans les interventions pour la santé des hommes gais. Par exemple, le REACH 1.0 a appuyé des travaux qui ont reçu des fonds des IRSC pour mettre en œuvre des interventions ontariennes et québécoises dans d’autres régions du pays.

Le REACH 2.0 prévoit :

  • identifier les cultures sexuelles changeantes et les perceptions du risque parmi les jeunes hommes gais;
  • comprendre comment les messages sur le VIH et les ITS disséminés par les médias, des sources médicales et des organismes de lutte contre le VIH/sida influencent les pratiques et cultures sexuelles des hommes gais;
  • identifier les réseaux de HRSH les plus susceptibles de transmettre et de contracter le VIH;
  • mesurer l’efficacité d’interventions et de programmes de promotion de la santé, de manières significatives pour la communauté; et
  • identifier des obstacles que rencontrent les hommes gais et les LGBT dans l’accès aux services de santé.

Pour les communautés africaines, caraïbéennes et noires

Les personnes africaines, caraïbéennes et noires (ACN) forment moins de 3 % de la population canadienne, mais représentent 14 % des infections par le VIH. Au sein de la population ACN, le VIH affecte les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les femmes hétérosexuelles et les hommes hétérosexuels.

Des efforts sont en cours pour développer des interventions efficaces visant à répondre à des facteurs syndémiques comme la stigmatisation, le racisme, les traumatismes passés, la violence et le déséquilibre de pouvoir dans les relations. Des travaux ont débuté, également, pour développer des modèles de soins efficaces et culturellement adaptés.

Le REACH 2.0 poursuivra ce travail et s’efforcera de :

  • mettre à l’échelle une intervention sur le dévoilement de la séropositivité, pour les femmes ACN;
  • développer des pratiques et interventions éclairées par les traumatismes, pour les immigrants, les réfugiés et les personnes sans statut vivant avec le VIH;
  • réaliser des travaux préliminaires pour développer des interventions à caractère confessionnel et d’autre nature, afin de réduire la stigmatisation et de créer des communautés plus habilitantes;
  • développer des lignes directrices sur la grossesse plus sécuritaire et réaliser des travaux préliminaires pour élaborer et mettre à l’essai une intervention pilote sur les pratiques de conception plus sécuritaires, la contraception et la santé reproductive dans les communautés ACN.

Pour les personnes transgenres et transsexuelles

On observe des taux de VIH élevés dans certains groupes de femmes trans, et des taux de VIH faibles dans certains groupes d’hommes trans. Toutefois, ces taux ont été mesurés dans de petits échantillons (de 15 à 123 participants). Le manque de recherche, en particulier pour les hommes trans, est un important problème qui affecte cette communauté.

Les recherches existantes donnent à penser que les hommes et femmes trans pourraient avoir des vulnérabilités particulières à l’infection par le VIH. Le REACH 2.0 est engagé à aborder les enjeux spécifiques aux personnes transgenres et transsexuelles.

À l’issue des processus de consultation aux échelons national et régional, le REACH 2.0 pourrait explorer :

  • le développement et l’évaluation d’une formation à la compétence culturelle pour les étudiants et les enseignants d’écoles de médecine et d’autres écoles professionnelles du domaine de la santé;
  • des stratégies de prévention du VIH, des ITS et du VHC pour des populations de minorités sexuelles et de genre;
  • le développement et l’évaluation de cadres de politiques pour optimiser les voies d’accès à la santé pour les populations trans;
  • le développement d’indicateurs nationaux de la santé sexuelle pour des populations de minorités sexuelles et de genre.

Pour les communautés indigènes

Les personnes indigènes ne forment que 3,8 % de la population canadienne, mais représentent approximativement 8 % des personnes vivant avec le VIH au Canada. Les taux de VIH sont 3,6 plus élevés parmi les personnes indigènes que parmi les autres Canadiens. Par ailleurs, les personnes indigènes sont plus susceptibles que les autres Canadiens d’être diagnostiquées à un stade plus tardif de l’infection et de rencontrer des obstacles dans la cascade de la prévention, de l’implication et des traitements.

Le REACH 2.0 prévoit collaborer étroitement avec des partenaires comme le Réseau canadien autochtone du sida à identifier des priorités régionales et à évaluer la faisabilité de la science programmatique dans un contexte indigène. La science programmatique n’a pas encore été mise à l’essai dans des recherches et milieux indigènes; nous serons guidés en la matière par la sagesse et les préférences de nos collègues indigènes.

En s’appuyant sur des projets financés par les IRSC, comme « Stable Homes, Strong Families », le REACH 2.0 tentera de développer, pour les personnes indigènes, des politiques sur le VIH et le logement qui soient fondées sur les forces et appropriées à la culture. Le REACH 2.0 cherchera également à identifier des aspects familiaux et de parenté pouvant être intégrés dans les interventions pour soutenir tous les membres d’une famille affectée par le VIH.

Pour les personnes qui font usage de drogue

Les personnes qui font usage de drogue représentent environ 17 % des nouveaux cas d’infection par le VIH au Canada, et environ 80 % des infections à l’hépatite C. Bien que le nombre d’infections par le VIH attribuables à l’usage de drogue ait diminué dans la plupart des villes canadiennes, depuis 2008, le nombre d’infections par le VHC continue d’augmenter. Les stratégies de réduction des méfaits d’efficacité démontrée pour prévenir le VIH et l’hépatite C (p. ex., programmes d’échange de seringues et sites d’injection supervisée) n’ont pas été mises à l’échelle.

Le REACH 2.0 collaborera avec les communautés les plus affectées par l’usage de drogue. Les domaines de priorité initiaux de la recherche incluent :

  • identifier des obstacles au dépistage du VIH et de l’hépatite C et développer des stratégies de mise à l’échelle des programmes de dépistage efficaces dans diverses communautés;
  • développer et mettre en œuvre des programmes cliniques permettant d’impliquer dans les soins et traitements des personnes séropositives au VIH qui font usage de drogue;
  • développer des réseaux de travailleurs de première ligne, de cliniciens, d’experts en santé publique et de décideurs, pour encourager une approche à la toxicomanie, à la santé mentale et aux soins pour le VIH/VHC qui soit davantage axée sur la santé; et
  • promouvoir le renforcement des capacités des personnes les plus affectées par les drogues, à l’aide d’approches de recherche communautaire.

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